31 octobre 2008
Soirée d'Halloween...
Nous nous sommes assis dans les marches, attendant les petites sorcières souriantes et les dégoulinant vampires, mais bien peu sont venus...il restera beaucoup de bonbons à manger au cours des prochaines semaines. Il faut dire que, à l'instar de l'année dernière, la très grande majorité des voisins s'est déguisée...en courant d'air. Quoi de mieux que de se replier sur soi, de bien tamiser la lumière et fermer les rideaux, un soir d'Halloween...Classique. Après ça on se demande pourquoi je déteste l'humanité (rien de moins) et que j'attends patiemment sa disparition. Je suis de plus en plus comme l'Alceste de Molière.
Heureusement, comme si "quelqu'un, quelque part" tentait de me réconcilier avec le genre humain, j'ai redécouvert la belle folie qui s'opère, les 31 octobre, dans la ruelle entre les 8e et 9e avenues, tout juste au nord de Masson. Génial. Il y avait là des monstres, des zombies, des bossus tirés par des mégères acariâtres. Il y avait tout cela, mais moi j'ai vu des humains qui n'avaient pas perdus le sens de la fête, du plaisir. Des humains qui croyaient qu'il est encore possible de réenchanter le monde, quelques heures par année.
Non, les employés de notre belle Bibliothèque nationale n'avaient pas le droit de se déguiser pour l'Halloween, question d'éviter des débordements (!!?!?!?!), non, certains enfants n'avaient pas le droit de manger des bonbons dans certaines commissions scolaires (quand l'école n'avait pas tout simplement mis le 31 un congé pédagogique par hasard!!!). Les déguisements, c'est violent, les bonbons, c'est mauvais pour la santé, les fêtes païennes, ça fait pas l'affaire de tous.... Mais, heureusement, la vie se poursuit malgré tous ces gens tristes, ces cadavres avant l'heure qui nous pourrissent l'existence à coup de prêchi-prêcha insensés...
13 octobre 2008
Sylvie Boulianne : Prise II
À quelques jours des élections, la trépidante candidate du parti cons-versateur, Sylvie Boulianne a enfin décidé de nous gratifier d'"enjeux" et d'"événements" sur son site Web. Quelqu'un à Ottawa, au think tank conservateur, lui aura vraisemblablement enfin donné l'ordre autorisation de mettre son site à jour. Ainsi, les "enjeux" de Mme Boulianne sont les "accomplissements" du Gouvernement Harper au cours des derniers mois : baisse de la TPS de 2%, crédits d'impôts pour inscription à des activités physiques pour les jeunes, etc. Mme Boulianne, sans avoir la prétention de vous donner un cours de vocabulaire, un "enjeu" se définit comme étant "Ce qui peut être gagné ou perdu au cours d’une entreprise, d’une compétition", selon Antidote. Ce dont vous parlez, ce sont des "gains", en autant , bien entendu, que je puisse considérer comme un gain le fait de payer 2% de moins de TPS, ce qui me fait de belles économies de moins de 100$ par année...Woupidelidou! D'autre part, les "événements" de Mme Boulianne sont constitués d'une série de la même "face de pancarte" de la dame. Ainsi, si on s'en tient à la définition qu'Antidote donne au vocable "événement", soit "Ce qui se produit; circonstance, situation", la face de Mme Boulianne, souligné par son nom ou le merveilleux slogan "Le Québec prend des forces", serait quelque chose en train de de produire, une circonstance. Eh bien, j'ai eu beau fixer la magnifique Sylvie pendant des heures, rien ne s'est produit et il y a fort à parier qu'il en sera de même pour elle demain, jour des élections!
Eh bien, Mme Boulianne, je vous invite à vous rendre au
5455, rue Chauveau, Montréal, le 15 octobre au matin, qui est en fait le bureau d'assurance emploi le plus près de chez vous...
07 septembre 2008
Merci, Monsieur Harper...
Cher Monsieur* Harper,
Une semaine après l'aveu - enfin! - de votre impuissance à gouverner notre pays et suite à la décision de dissoudre le Gouvernement, je tiens à vous témoigner, pour une première fois, mon entière adhésion.
Il me fait plaisir ici de faire le "top five" de ce qui demeure pour moi les plus grandes réussites de votre mandat.
Merci, Monsieur Harper:
ENVIRONNEMENT:
-Grâce à l'extraordinaire et incroyablement crédible Rona Ambrose, que vous aviez nommée ministre de l'environnement, vous avez ridiculisé le Canada sur la scène internationale. Oui, lors de la conférence de Bonn, grâce à votre superbe argument du "si-les-pays-pauvres-le-font-pas-ben-moi-non-plus-pis-achale-
moi-pas-sinon-je-pleure-bon!", vous avez fait preuve du bon sens et de la maturité que l'on attendait d'un Gouvernement conservateur. Enfin quelqu'un qui ne pense pas qu'à ses propres intérêts...En mon nom et celui de toutes les pétrolières et entreprises polluantes, sincères mercis!
CULTURE:
-Il y a tant de choses à dire sur cet aspect, Monsieur Harper, que je ne sais par quoi commencer. S'il y a un domaine où vous n'avez pas chômé, il faut bien reconnaître que c'est celui de la culture. Il y a bien sûr le projet de loi c-10 qui vise ni plus ni moins qu'à censurer la production des projets de films ou de séries télé jugés "contraires à l'ordre public", en refusant le financement. Le problème est celui-ci : si une oeuvre est jugée contraire à l'ordre public, il ne faut pas la censurer en lui refusant des subventions, mais en appeler aux tribunaux, non? Tout récemment, il y a eu les coupures dans le budget de la culture. Des grosses coupures de 23 millions de dollars!!! En fait, cela ne change strictement rien aux finances publiques, alors que ça tire carrément dans les jambes de plusieurs créateurs qui ne pourront plus exporter leur travail aussi facilement. Mais, sérieusement, M. Harper, je suis un peu content de ces coupures qui, je l'espère, vont réveiller les artistes que l'on endort encore trop souvent à coups de subventions et qui hésitent à adopter une attitude corrosive à l'égard des politiciens...notamment ces vulgaires petits politiciens qui veulent nous dire comment penser...vous savez de qui je parle, non?
D'ailleurs, parlant de culture, avez-vous commencé à lire les livres que vous achemine Yann Martel? Non? Eh bien vous aurez plus de temps lorsque vous vous retrouverez dans l'opposition.
DÉMOCRATIE:
-Sur le plan de la démocratie, vous vous êtes réellement surpassés. Ce qui est absolument fascinant, ce sont les deux moments phares de votre mandat: votre tentative d'acheter Chuck Cadman en 2005 afin de renverser le Gouvernement libéral, et le non respect de votre propre loi (C-16), obligeant le Gouvernement à tenir des élections à date fixe plutôt que de manière partisane, soit au moment le plus opportun, comme maintenant. Cette dernière décision est absolument savoureuse puisqu'elle montre tout le cynisme des conservateurs en matière de démocratie.
SÉCURITÉ:
-Je vous ai écouté lors de votre discours le matin de l'annonce du déclenchement des élections et, pour tout vous dire, si je n'avais pas été occupé à rire de vos âneries, j'aurais pleuré tellement c'était beau. Je vous entendais, bon père de famille, me rassurer sur l'avenir en me disant avec votre plus bel accent: "En cette période d'incertitude économique..." ZZzzzzzZZZzzzz...
6 petits mots mâchouillés et déjà je n'écoutais plus...Rien de mieux que la peur pour attirer à soi les faibles et les imbéciles, non? Hugo a justement dit : "Il existe une connivence tacite, non voulue, mais réelle, entre ceux qui font peur et ceux qui ont peur". Moi, je n'ai pas de connivence avec vous, car ce qui me fait peur, ce n'est pas l'incertitude économique, ni le terrorisme (grâce au 11 septembre, le conservatisme a encore de beaux jours devant lui, non? Remerciez Mohamed Atta et ses amis, Monsieur Harper!), c'est plutôt le totalitarisme imbécile qui fait exploser la maison de son voisin pour en extraire quelques rats (Afghanistan), la libre circulation des armes à feu, l'impossibilité de disposer de son propre corps (une éventuelle criminalisation de l'avortement, par exemple), la prépondérance du marché sur l'individu, etc.
Pour toutes ces belles valeurs que vous importez d'ouest en est au Canada, merci, Monsieur Harper!
RELATIONS NORD-AMÉRICAINES
-Enfin, M. Harper, je tiens à vous remercier d'avoir, enfin, remis le Canada à sa place, c'est-à-dire sous la férule de nos voisins du sud. Tout comme vous, j'ai vu que libéraux avaient trop pris leurs distances par rapport aux États-Uniens au cours des dernières années et tout comme vous, j'ai été choqué de voir que le Canada croyait être capable de penser par lui-même. Donc, pour avoir baissé les culottes du Canada, nous avoir bien lubrifié et invité vos amis États-Uniens à nous entuber, mille mercis, Monsieur Harper! D'ailleurs, toujours pour ne pas déplaire à vos amis, foutez donc au plus vite à la porte ces méchants déserteurs de l'armée américaine qui demande l'asile au Canada...
*Vous me pardonnerez bien de ne pas vous nommer "Honorable", n'est-ce pas?